Depuis le 1er avril 2025, l’État a abaissé le plafond de calcul des indemnités journalières de Sécurité sociale (IJSS) en cas d’arrêt maladie.
Derrière une mesure technique se cache un impact très concret sur les revenus des salariés… et sur la responsabilité des employeurs.
Ce que dit la réforme
Jusqu’à présent, les IJSS étaient calculées sur la base du salaire journalier brut plafonné à 1,8 SMIC.
Désormais, ce plafond est abaissé à 1,4 SMIC.
👉 Ce n’est pas une modification marginale. C’est une baisse nette de l’indemnisation publique.
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Ancien plafond :
1,8 SMIC ≈ 3 243 € → IJSS ≈ 53 € / jour -
Nouveau plafond :
1,4 SMIC ≈ 2 522 € → IJSS ≈ 41 € / jour
La différence n’est pas compensée par défaut. Elle disparaît.
Exemple concret : ce que perd un salarié
Prenons un salarié à 3 000 € brut mensuel.
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Avant la réforme
IJSS calculées sur 3 243 € → ≈ 49 € / jour -
Après la réforme
IJSS calculées sur 2 522 € → ≈ 41 € / jour
📉 Perte estimée : ~90 € sur 10 jours d’arrêt
Et plus l’arrêt est long, plus l’écart se creuse.
👉 Conclusion simple : le salarié reçoit moins, sans être moins malade.
Ce que ça change pour les dirigeants (et pourquoi ce n’est pas neutre)
1. Une question d’équité interne
Les salariés au-dessus de 1,4 SMIC sont directement touchés.
Deux personnes arrêtées, même durée, même pathologie… mais indemnisation différente selon le salaire.
👉 Risque réel :
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sentiment d’injustice,
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incompréhension,
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tensions RH, surtout lors d’arrêts longs.
Est-ce souhaitable ? Est-ce soutenable culturellement ?
2. Le maintien de salaire devient un vrai marqueur employeur
Les entreprises qui disposent :
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d’un maintien de salaire à 100 %,
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ou d’une prévoyance collective solide,
absorbent le choc. Les autres l’exposent aux salariés.
👉 Cette réforme transforme la protection sociale en outil d’attractivité et de fidélisation.
Ce n’est plus un “nice to have”. C’est un différenciateur.
Une réalité qu’il faut regarder en face
Moins de protection publique.
Plus de responsabilité côté employeur.
La question n’est pas si cela aura un impact, mais qui paiera la différence :
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le salarié, directement,
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ou l’entreprise, via sa politique sociale.
Ne rien faire, c’est déjà choisir.
Ce qu’il faut faire maintenant (concrètement)
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Vérifier vos contrats de prévoyance collective
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Identifier les populations > 1,4 SMIC
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Évaluer le coût réel d’un maintien de salaire
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Anticiper la communication interne (avant les tensions)
Parce qu’une réforme mal expliquée coûte souvent plus cher qu’une réforme anticipée.
En résumé
🧩 Moins d’indemnisation publique
🏢 Plus de responsabilité employeur
🎯 Un levier RH devenu stratégique, qu’on le veuille ou non


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